Les problèmes d’érections ne sont pas nouveaux et environ 1 homme sur 3 en connaît fréquemment. Il existe des solutions pour traiter ce souci, mais pourtant, les troubles érectiles sont en hausse en France ces dernières années et les raisons de cette augmentation sont diverses, comme l’explique une étude récente de l’IFOP. Voyons ce qui entraîne l’impuissance et quelles sont les conséquences à connaître sur votre vie quotidienne.

tabou impuissance

Des problèmes d’érections en hausse : à qui la faute ?

L’enquête de l’IFOP a quelques mois (mai 2019) et elle dresse un tableau édifiant de la sexualité des français et particulièrement des dysfonctionnements érectiles, rencontrés par nos concitoyens. Non seulement le problème est encore très présent, mais il est surtout en hausse avec désormais 6 français sur 10 qui disent avoir rencontré au moins une fois au cours de leur vie un problème pour bander.

A titre de comparaison, ils n’étaient que 44 % en 2005 à répondre de la sorte. Le panel de 1 957 hommes âgés de 18 ans et plus permet d’offrir un aperçu global et assez représentatif pour qu’on en tire les enseignements nécessaires, en relevant notamment les principales causes de ces troubles érectiles.

Si on constate sans surprise que plus l’âge avance, plus les problèmes d’érection sont nombreux (avec une accélération de la chose passé 50 ans), on peut trouver d’autres causes intéressantes dans ces résultats. Les consommateurs d’antidépresseur sont bien plus sujet à ces maux, tout comme les plus stressés et ceux qui sont en couple depuis plus de 20 ans.

Plus surprenant, la différence entre les hommes touchés par un souci érectile à Paris (46 %) et ceux qui connaissent ces troubles en régions rurales (36 %), ce qui peut s’expliquer par la qualité de l’air et par une vie quotidienne plus stressante et plus agitée dans les grandes agglomérations.

Mais là ou l’étude apporte une vision nouvelle et en phase avec l’époque, c’est lorsqu’elle mentionne les nouvelles technologies comme des facteurs de troubles érectiles et à ce niveau-là, les chiffres sont édifiants. Chez les interrogés de moins de 35 ans, on compte 55 % d’homme connaissant des problèmes d’impuissance car ils regardent des films pornographiques au quotidien ; c’est bien plus que la moyenne de 33 % !

Dans le même ordre d’idée, les écrans et les réseaux sociaux seraient la cause de perturbations sexuelles, avec 39 % d’utilisateurs qui en souffriraient. Idem pour les applications (41 %) et la consommation régulière de films et séries (38 %) qui mettent en lumière un fait : les écrans nuisent fortement à la capacité érectile d’un homme. Bien qu’on sache désormais qu’une partie génétique peut déclencher un problème à bander, on constate avec cette étude que la plupart des problèmes majeurs sont bien de notre fait et que par conséquent, on pourrait y remédier.

A condition, bien sûr, d’assumer le problème ce qui n’est que rarement le cas.

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Tabou : les prétextes utilisés pour justifier les problèmes d’érections

Les chercheurs responsables de cette étude se sont intéressés à la réaction masculine face à la dysfonction érectile. Pour 56 % des hommes, la pénétration est essentielle à tout rapport sexuel et l’incapacité à le faire entraine des complexes et des tabous.

Du coup, comme en atteste les réponses à la question Vous est-il déjà arrivé de donner une fausse excuse pour masquer un problème sexuel ou éviter/ reporter un rapport sexuel avec votre partenaire ?, on constate que plutôt que d’en parler, de nombreuses excuses sont utilisées par les hommes.

Ils sont 33 % à l’avoir déjà fait au moins une fois, 14 % à l’avoir fait plusieurs fois et 19 % à ne l’avoir fait qu’une seule fois et parmi eux, la majorité à moins de 30 ans, et elle fait partie des catégories sociales les plus pauvres / modestes.

Les excuses les plus souvent utilisées sont la fatigue physique (à 78 %), qui peut être liée au travail ou à un trop plein d’activités sportives, et le stress et les soucis (63 %) qui ne sont pas relié à votre couple (l’argent, le travail, des soucis familiaux…). Viennent ensuite à égalité (43 %) l’excès de nourriture ou d’alcool qui justifie un trouble érectile et la trop grande proximité d’autres personnes (des enfants, des voisins…). Enfin, 31 % des hommes utilisent l’excuse de la migraine pour éviter un rapport sexuel qu’ils ne sont pas en mesure d’assumer.

On réalise que le tabou est encore bien marqué, surtout quand on demande aux hommes s‘ils ont déjà évoqué ce type de problème avec quelqu’un d’autre. Seuls 26 % des interrogés répondent par l’affirmative ! Plus intéressant encore, ce sont ceux qui en souffrent le plus qui en parle le moins. D’ailleurs, très peu d’hommes vont voir un médecin pour soigner un dysfonctionnent érectiles.

72 % des hommes n’y vont pas du tout, malgré l’aide que cela pourrait apporter. Au total, seuls 28 % des hommes touchés par ce mal à déjà consulté un spécialiste, parmi des médecins généralistes, un sexologue, un psy ou un urologue. C’est peu, surtout quand on connait les conséquences de ces problèmes d’érection sur la vie de couple.

dysfonctionnement erectile en hausse en France

Des conséquences à ne pas négliger

Etre en couple et ne plus faire l’amour est une situation qui mène à des troubles dans la vie amoureuse. Entre le manque de confiance en soi qui se développe et qui impacte le reste de vos activités et les doutes de votre partenaire, qui pourrait craindre que vous ayez une aventure ou que vous ne la désiriez plus, laisser traîner ces soucis peut ruiner un couple pourtant stable.

Si certains vont regarder des images X (62 %) pour s’assurer de bander au moment voulu ou – surtout chez les plus jeunes – boire ou utiliser certaines drogues pour stimuler leurs sens, les méthodes aphrodisiaques qui permettent de ne plus bander mou sont existantes et efficaces et la solution est à chercher plutôt de ce côté-là, pour remédier durablement à cet problème.

La première chose à faire est donc de lever le tabou autour de ces troubles de l’érection et d’assumer ce mal bien moins rare qu’il n’y parait. Ensuite, l’homme devra faire en sorte de garder son excitation pour sa partenaire, en se détachant des écrans et de leurs stimulations permanentes, pour parvenir à avoir des rapports de qualité, à même de satisfaire les deux participants. Cela ne fera pas tout, mais c’est déjà un pas vers la résolution de ce trouble.

Dans un cadre plus vaste, c’est la société qui doit évoluer, en cessant de donner cette image d’homme non viril à ceux qui ne parviennent pas à être au niveau.

Sources :

https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2014/05/116347_Rapport_ifop_CHARLES_2019.05.20.pdf