Bien que l’érection soit au cœur de toutes les attentions, que ce soit dans les films ou dans la réalité, on ne connaît pas vraiment comment fonctionne l’érection et les idées reçues à son sujet sont particulièrement persistantes.

On aborde donc aujourd’hui le sujet du mécanisme de l’érection que nous allons détailler et nous répondons à toutes les idées reçues sur le fonctionnement du processus érectile.

 

Anatomie du sexe masculin pour comprendre le mécanisme de l’érection

Avant de se pencher sur le mécanisme de l’érection, il est nécessaire de revoir l’anatomie du sexe masculin pour mieux comprendre son fonctionnement.

Le pénis se compose de 4 parties, toutes complémentaires et liées par une membrane appelée l’albuginée :

  • Deux corps caverneux ;
  • Un corps spongieux ;
  • L’urètre.

Le corps spongieux se distingue par un cylindre régulant le diamètre de l’urètre. Celui-ci permet le passage du sperme et de l’urine. Enfin, les deux corps caverneux, eux, ont la capacité de se contracter ou de se dilater pour laisser passer l’afflux sanguin jusqu’au bout du pénis.

anatomie du pénis

Cependant, pour que l’érection soit maintenue, il faut que les nerfs érecteurs présents dans les corps caverneux puissent maintenir le sang dans la verge. Cette étape est primordiale pour que le pénis se durcisse et augmente son volume. Or, dans certains cas, ces derniers peuvent rencontrer un dysfonctionnement, nous appelons ce phénomène la fuite caverno-veineuse. Elle se manifeste par un dysfonctionnement érectile empêchant le sang de rester dans les corps caverneux. Heureusement, plusieurs solutions sont possibles pour traiter ce dysfonctionnement, et l’activité sportive est notamment très efficace.

On dit que le sexe est en phase de “flaccidité”, c’est-à-dire au repos lorsque l’afflux du sang est bloqué. Mais une fois que le passage du sang est possible, le pénis se gonfle et se rigidifie. Ces trois parties anatomiques sont indispensables pour réaliser une érection entièrement fonctionnelle. À savoir que cette fonction se met en place dès la vie in-utero.

 

Le mécanisme de l’érection en détail

Si parfois le sexe masculin semble hésiter entre être au repos ou être dur, c’est qu’il est soumis à des influences contradictoires venant directement du cerveau.

C’est grâce à la curiosité de certains neuroscientifiques que nous sommes capables aujourd’hui d’établir un mécanisme de l’érection comprenant toutes les étapes, de la réaction du cerveau au reçu de l’information dans le pénis. (source)

 

L’érection commandée par le cerveau

Vous ne rêvez pas, l’érection relève des stimuli présents dans le cerveau. En effet, le système nerveux a un rôle important dans tout le mécanisme de l’érection. On distingue le système nerveux sympathique et le système nerveux parasympathique qui agissent tous les deux sur le fonctionnement de l’érection (source).

Le système nerveux sympathique met l’organisme en alerte pour répondre aux besoins primaires et contrôle les activités autonomes du corps humain. Il est associé principalement à l’adrénaline et la noradrénaline, tous les deux des neurotransmetteurs. (sourceSystème nerveux parasympathique quant à lui agit sur le ralentissement des organes. Il est associé principalement au neurotransmetteur appelé acétylcholine. (source)

C’est notre système nerveux parasympathique qui va déclencher l’excitation sexuelle, tandis que le système nerveux sympathique va à l’inverse l’inhiber.

Dès le premier stimulus d’excitation sexuelle, une information est envoyée directement au cerveau, en passant à travers la moelle épinière jusqu’au nerf lombo-sacré. Celle-ci est induite par différents facteurs :

  • Première stimulation avec la stimulation physique par le toucher des zones érogènes ;
  • Deuxième stimulation avec la stimulation sensorielle déclenchée par une voix ou un parfum ;
  • Troisième stimulation avec la stimulation psychologique qui traduit une sensation de désir envers une autre personne ;
  • Quatrième cas possible avec l’érection nocturne présente lors des phases de sommeil pendant un total de 2 à 3 heures par nuit. Elle a pour objectif principal d’oxygéner les tissus érectiles.

L’érection est en fait un phénomène à la fois réflexe et transitoire : réflexe, car elle est totalement indépendante de la volonté, et transitoire, car l’état habituel du sexe masculin est d’abord la flaccidité.

 

mécanisme de l'érection

 

Les trois phases du mécanisme de l’érection

Nous distinguons plusieurs phases pour pouvoir engendrer une érection entièrement fonctionnelle (source).

 

Première phase : la phase tumescence

Une fois que l’information de l’excitation est ressentie, les corps caverneux vont se gonfler de sang et le volume du pénis augmente. On entre alors dans la phase tumescence.

Cette phase engendre une augmentation de la pression sanguine et comprime les veines de drainage. Le sang présent dans le pénis est alors piégé et provoque dont l’augmentation de la pression et du volume du sexe. 

 

Deuxième phase : la phase plateau

Si la stimulation persiste, la tension sexuelle atteint son maximum. On entre en phase plateau. Cette étape est importante puisqu’elle produit plusieurs réactions pour mener à bien l’érection :

  • Élévation des testicules dans le scrotum ;
  • Tension musculaire générale du corps ;
  • Expulsion de quelques gouttes produites par les glandes Cowper (proches de la prostate).

Cette dernière réaction est à prendre en compte puisque même si les gouttes sont minimes, elles peuvent contenir parfois de spermatozoïdes. Information essentielle pour les couples pratiquant le coït interrompu, car cela peut provoquer un risque de grossesse.

 

Troisième phase : la phase détumescence

Cette phase signale la mise au repos du pénis. Après l’éjaculation, le sexe peut reprendre sa forme et sa taille initiales dans un laps de temps qui varie selon les hommes.

Une seconde érection est possible après une phase de repos variable selon les hommes, leur condition physique et leur âge.

La pratique sexuelle régulière aide à maintenir la souplesse des corps caverneux. Ils permettent notamment une meilleure récupération érectile.

 

La durée d’une érection comme critère de bon fonctionnent ?

Généralement, une érection peut durer environ trente minutes. Bien entendu, cette durée varie selon les hommes, leurs conditions de santé et l’âge.

En effet, certains hommes peuvent rencontrer des troubles de l’érection pouvant provoquer une difficulté à l’engagement du mécanisme de l’érection. À partir de 40 ans, les hommes peuvent être aussi susceptibles d’être touchés par l’impuissance. Une pathologie curable dans la majorité des cas.

À l’inverse, il existe des érections beaucoup plus longues et parfois pouvant être douloureuses allant jusqu’à 4 heures de rigidité. C’est une condition pathologique appelée priapisme, un dysfonctionnement du mécanisme de l’érection qui, comme pour l’impuissance, est curable dans la majorité des cas.

croissance penis mécanisme de l'érection

 

Les 5 idées reçues sur le fonctionnement de l’érection

Que vous en ayez ou pas, les idées reçues à propos du fonctionnement de l’érection sont ancrées dans notre société. Nous répondons à quelques-unes aujourd’hui.

  1. Les plus grands pénis ont les meilleures érections.

Des études ont démontré l’inverse. En effet, les pénis plus petits ont des érections qui peuvent augmenter jusqu’à 86 % contre 47 % pour les plus grands pénis. (source)

  1. Les érections nocturnes sont plutôt exceptionnelles.

C’est en fait l’inverse, puisqu’un homme peut avoir entre 3 et 5 érections par nuit.

  1. Le tabac et l’alcool n’ont aucun effet sur le mécanisme érectile.

Malheureusement, ce sont tous les deux des facteurs dans le développement de troubles de l’érection. Non seulement, ils sont nocifs pour la santé, mais aussi pour la sexualité et le fonctionnement de l’érection. (source)

  1. Les pénis sont très résistants puisqu’ils n’ont pas d’os.

Bien qu’ils ne disposent pas d’os, il est quand même possible de le casser. Selon le National Health Service, 1/3 des fractures du pénis se réalisent lorsque le partenaire est au-dessus. (source)

  1. La qualité du fonctionnement du pénis diminue en vieillissant. 

Pas si faux ! En effet, cela dépend des hommes, de leur condition physique et de leur santé générale. Il est possible que certains soient diagnostiqués d’andropause, une condition provoquant la diminution du taux de testostérone et rendant difficile l’érection.

 

Conclusion

L’érection est en fait un phénomène entièrement physiologique répondant aux informations envoyées par le cerveau. Néanmoins, rien n’est à prendre pour acquis puisque toutes les érections sont différentes d’un homme à l’autre.

 

Il est donc important de prendre en compte les conditions physiques, l’âge ou encore les antécédents de santé si vous rencontrez des symptômes relatifs aux troubles de l’érection. N’oubliez pas que la meilleure façon de prévenir le moindre problème est de consulter un médecin et d’en parler pour se faire orienter vers les solutions et les spécialistes les plus appropriés.