On pourrait penser que le sexe est la pratique favorite des plus jeunes et que les ébats vont bon train, au sein de la dernière génération élevée dans un monde ou la sexualité est partout : films, série, livre, publicité, internet… Pourtant et contre toute-attente, des études récentes menées outre-Atlantique dresse un tableau surprenant de la sexualité des jeunes adultes, qui ont de moins en moins de rapports sexuels. Pourquoi ? Voici quelques éléments de réponses.

récession sexe millenials

Tous les voyants au vert pour le sexe mais…

Le sexe est affiché à toutes les sauces et il suffit d’allumer un écran pour voir apparaître une femme dénudée, un bel étalon musclé aux poses suggestifs, et même dans les média les plus mainstream, les tabous ont sauté avec des débats sur le BDSM, sur la sodomie et sur les différentes pratiques qui auraient pu choquer auparavant.

Le sexe anal a acquis le statut de 5e base au Etats-Unis (un classement issu des bases du Baseball et qui classe les pratique ainsi : 1) le baiser, 2) les caresses 3) le sexe oral 4) le rapport sexuel avec pénétration et 5), donc, le sexe anal) et si quelque pratiques restent tabou – l’inceste ou la zoophilie et, bien entendu, les pratiques répréhensibles par la loi – tout semble concorder pour que les générations les plus jeunes s’éclatent au lit.

Du côté des mœurs, les évolutions sont palpables également, avec des moins de 30 ans qui acceptent volontiers le concept de sexe sans être mariés et on ne blâme plus les individus qui enchaînent les relations, depuis la démocratisation de Tinder et des autres applications de rencontres instantanées. Un bilan qui laisse à penser que le nombre de rapports sexuels est à la hausse… mais c’est exactement l’inverse qui se réalise.

Le sexe, une tendance prête à disparaitre ?

Dans une série d’étude menée par des spécialistes du sexe, comme la professeure Twenge de l’Université d’Etat de San Diego, les résultats font état d’une baisse flagrante des rapports intimes.

Déjà, l’âge des premiers rapports sexuels entre 14 et 18 ans aux Etats-Unis est passé de 54 % à 40 % en 20 ans, alors que le nombre d’adolescente enceinte a lui chuté de 30 % dans la même période. Des statistiques qui ravissent les puritains américains mais qui inquiètent certains observateurs qui redoutent une prolongation, à l’âge adulte, de cette tendance.

Il est vrai qu’on parle déjà de Digisexuel, pour une génération qui préfère le sexe virtuel à l’action réelle, mais cette Génération Internet, comme elle est baptisée par le professeur Twenge, semble confirmer cela et se dirige tout droit vers un nombre de partenaires / de rapports sexuels moins élevés que leurs aïeux.

15 % des adultes nés après 1990 déclarent ne jamais avoir eu de rapports sexuels depuis leur majorité, ce qui est 2.5 fois plus que les acteurs de la génération née entre 1960 et 1980. D’ailleurs, il est à noter que cette fameuse génération X (1960-1980) a elle aussi environ  8 rapports en moins par an que leurs ancêtres en moyenne. Un déclin bien réel, qui à l’échelle d’un pays peut avoir certaines conséquences. Cette récession sexuelle n’alarme pas encore les individus lambda, qui ne la perçoivent pas. Il est vrai qu’on a toujours l’impression que le voisin à une vie sexuelle plus épanouie que la nôtre, alors que ce n’est pas forcément le cas.

Mais la grande interrogation concerne les causes de cette sexualité en berne, et elles sont diverses et variées.

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Moins de couples = moins de sexe ?

La logique voudrait qu’on associe la baisse du nombre de mariages / de couples à ces statistiques. Il est vrai que 60 % des moins de 35 ans est actuellement sans partenaire et que dans cette catégorie, environ 30 % d’entre eux vit vivent chez leurs parents, ce qui ne facilite pas les rapports intimes.

Bien sûr, des facteurs sociétaux influent sur ces situations (études plus longues, manque de possibilités de carrière, envie de rester à l’abri du monde adulte le plus longtemps possible..) mais cela n’explique pas tout. En se penchant sur le problème plus en détail, on trouve parmi les coupables…les nouvelles technologies !

Les écrans, dans leur acceptation globale, sont souvent accusés de bien des maux (notamment d’entrainer des troubles érectiles) et ils semblent avoir une part de responsabilité dans la baisse des rapports sexuels de cette génération.

En effet, la facilité de se contacter en ligne (via des sites ou applications de rencontre, comme Tinder) à un effet pervers : les jeunes se parlent, s’échangent des messages coquins et des photos, mais vont moins se rencontrer. Quand ils le font, c’est parfois pour des plans culs éphémères et non des relations durables, ce qui entraîne évidemment une baisse générale du nombre de rapports intimes. Un couple aura des relations plus facilement qu’un célibataire qui batifole à droite et à gauche.

Mais les plateformes de rencontres ne seraient pas les seuls responsables de cette baisse des rapports sexuels. L’industrie pornographique est régulièrement pointée du doigt, car sa disponibilité permanente et la multiplication du contenu impacte négativement sur l’envie  de faire du sexe (et sur l’imaginaire des pratiquants). Idem pour les innovations en matière de sextoys, qui permettent de se satisfaire tout seul…

D’ailleurs, la masturbation n’a jamais été aussi acceptée et elle causerait des dysfonctionnements érectiles, qui pourraient expliquer  l’évitement des rapports réels.

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Inquiétude ou bienfait pour le monde ?

Si ces statistiques concernent les jeunes américains, le problème est en réalité mondial, avec des populations de jeunes adultes qui semblent bouder le sexe, du Japon à la Suède, des USA à la France. Le manque d’interactions sociales et cette tendance à rentrer et allumer la TV / l’ordi / la tablette ou un smartphone plutôt que de communiquer, ces sollicitations permanentes pour autre chose que notre partenaire, entrainent irrémédiablement une inattention pour les véritables besoins physiques.

Un mauvais signe pour le futur ? Pas forcément, car pour certains observateurs, moins de sexe pourrait signifier moins de bébé (500 000 en moins aux USA en 10 ans), ce qui ne serait pas un luxe dans un monde surpeuplé. D’un autre côté, une baisse généralisée des rapports sexuels, si elle était poussée à l’extrême, aurait pour cause…la disparition de l’humanité !

Plutôt que de s’alarmer, il serait peut-être plus judicieux de trouver des solutions pour redonner goût au sexe réel, aux millenials qui ont été bercés par le porno et les comédies romantiques, deux éléments qui faussent la perception réelle de l’amour et du sexe. Et quand on sait que Sexe et Bonheur sont liés, on comprend l’importance que devrait avoir cette pratique dans nos vies.

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